Une cartooniste réinvente la tapisserie de Bayeux à l’ère numérique

Une cartooniste réinvente la tapisserie de Bayeux à l’ère numérique

La Tapisserie de Bayeux est une œuvre d’art très célèbre du XIe siècle. Elle raconte les événements qui ont précédé la conquête normande de l’Angleterre en 1066. Ce mois-ci, elle est exposée au public au Royaume-Uni pour la première fois depuis sa création, au British Museum. C’est un événement important, parce que cette tapisserie est à la fois une œuvre artistique, un document historique et un symbole des bonnes relations entre la France et la Grande-Bretagne.

À cette occasion, les éditeurs du magazine du samedi du journal Guardian ont demandé à la dessinatrice Edith Pritchett de créer une version moderne de la tapisserie. Son travail a été publié comme poster dans l’édition papier du journal, et aussi en ligne sous un format numérique interactif. Au lieu de raconter une bataille médiévale, sa version illustre les problèmes d’aujourd’hui : les trolls sur internet, l’addiction aux réseaux sociaux, l’intelligence artificielle, la crise climatique et l’influence des hommes très riches comme Elon Musk. Edith a essayé de montrer comment tous ces problèmes sont liés les uns aux autres. Elle a organisé ses idées en une sorte de récit continu, comme dans la tapisserie originale.

La tapisserie traditionnelle comporte aussi des bordures décoratives avec des animaux et des symboles. Edith a utilisé ces bordures pour ajouter des détails supplémentaires. Par exemple, elle a dessiné des animaux morts au-dessus d’une plateforme pétrolière, ou encore des symboles liés aux cryptomonnaies sous un grand yacht de luxe. Elle a cependant choisi de ne pas représenter certaines réalités trop difficiles, comme les incendies ou les guerres, parce qu’elle voulait respecter la complexité de ces sujets.

Le critique d’art du Guardian, Jonathan Jones, a lui aussi vu la tapisserie originale au British Museum. Contrairement à Edith, il a voulu regarder l’œuvre sans penser à l’actualité. Pourtant, il a été frappé par sa modernité et par la violence qu’elle montre. Il a aussi été surpris par ses moments d’humour et ses aspects presque surréalistes.

Pour publier le travail d’Edith en ligne, l’équipe de design du Guardian a dû trouver une solution créative. Sur les petits écrans verticaux des téléphones, il est difficile de montrer une image aussi longue. Ils ont donc créé un format interactif qui combine le défilement vertical et horizontal, pour imiter l’expérience de regarder une grande œuvre dans un musée.