Le premier ministre français Sébastien Lecornu s’est rendu dans la région de Gironde, touchée le mois dernier par d’importants incendies de forêt. À son arrivée à Le Porge, l’une des communes les plus durement frappées, il a été accueilli par des sifflets et des huées de la part d’habitants en colère. Certains résidents ont jugé sa visite insuffisante. Un habitant de 65 ans, Tony Veiga, a déclaré à l’AFP que la venue du Premier ministre était « le minimum qu’il pouvait faire », ajoutant qu’il avait le sentiment que les autorités les traitaient comme s’ils ne comptaient pas. Lecornu a finalement quitté Le Porge sans s’adresser librement à la population. Des résidents ont alors placé une chaise vide pour symboliser son absence, qualifiant son comportement d’irrespectueux.
Le Premier ministre s’est ensuite rendu à Mérignac pour rencontrer des élus locaux. Il a annoncé une aide immédiate de 12 millions d’euros pour les départements de la Gironde et des Landes, les plus touchés par les flammes. Il a également promis d’accélérer les procédures administratives pour faciliter la reconstruction des logements détruits, d’aider les sinistrés à obtenir des remboursements de leurs assurances, et de prendre des mesures contre les compagnies qui retarderaient volontairement le traitement des dossiers. Des allègements fiscaux et des exonérations de charges sociales ont aussi été prévus pour les entreprises affectées.
Lecornu a par ailleurs rejeté fermement les théories complotistes qui circulaient dans la région, notamment les accusations selon lesquelles les autorités auraient favorisé la protection de la presqu’île huppée de Cap-Ferret, prisée des Parisiens aisés, au détriment des habitations des résidents locaux. Il a insisté sur le fait que toutes les décisions opérationnelles avaient été prises localement. Le Premier ministre a également averti que les incendies de cet été pourraient entraîner des risques d’inondations à l’automne et en hiver, car les sols brûlés absorbent beaucoup moins bien l’eau de pluie.
En Belgique, les pompiers luttaient contre un vaste incendie dans la réserve naturelle des Hautes Fagnes, à l’est du pays, près de la frontière allemande. Il s’agirait du plus grand incendie de forêt de l’histoire moderne du pays, avec plus de 3 000 hectares brûlés. Le terrain tourbeux rendait l’intervention au sol très difficile, car les engins lourds risquaient de s’enfoncer dans la terre. Les équipes de secours ont donc dû faire largement appel à des moyens aériens. La Commission européenne a envoyé deux avions suédois ainsi que des hélicoptères des Pays-Bas, de Norvège et d’Allemagne pour soutenir les efforts belges. Le roi Philippe a visité le centre de coordination des opérations. Le responsable des pompiers belges, Marc Gilbert, a appelé à un recrutement urgent et à une meilleure coordination des ressources au niveau européen.
En Grèce, de nouveaux incendies se sont déclarés lundi, notamment à Spata, près d’Athènes, et dans la région de l’Attique. Les services d’incendie ont indiqué que ces feux avaient été rapidement maîtrisés. Sur l’île de Salamis, deux personnes âgées ont péri dans un incendie dimanche, et près de 600 personnes avaient dû être évacuées par bateau. Les autorités grecques espéraient une amélioration des conditions météorologiques dès mardi, ce qui permettrait de réduire le niveau de risque d’incendie à 2 sur 5 dans une grande partie du pays.
En Espagne, un soldat a perdu la vie en combattant un incendie en Aragon, tandis qu’au Portugal, cinq pompiers ont été blessés lorsque leur véhicule a pris feu près du village de Dine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé que la solidarité européenne était pleinement mobilisée face à ces crises.
