La Femme Infidèle de Chabrol, chef-d’œuvre du thriller bourgeois, ressort en salles

La Femme Infidèle de Chabrol, chef-d’œuvre du thriller bourgeois, ressort en salles

Le film de Claude Chabrol, *La Femme Infidèle*, sorti en 1969, est de nouveau disponible dans les cinémas britanniques et irlandais depuis le 11 septembre. Cette ressortie accompagne une rétrospective consacrée au réalisateur au BFI Southbank de Londres. Le film a été adapté en 2002 par Adrian Lyne sous le titre *Unfaithful*, avec Richard Gere et Diane Lane. Cette année, le réalisateur russe Andrey Zvyagintsev s’en est également inspiré pour son film *Minotaur*.

L’histoire tourne autour d’Hélène, jouée par Stéphane Audran, la femme de Chabrol à l’époque. Hélène est belle mais froide. Elle trompe son mari Charles, interprété par Michel Bouquet, un homme aisé et père d’un garçon de dix ans. Charles commence à avoir des doutes quand sa femme part souvent à Paris, soi-disant pour aller chez l’esthéticienne ou faire du shopping. En réalité, elle retrouve un écrivain divorcé, Victor Pegala, joué par Maurice Ronet, dans son appartement.

Charles appelle le salon de beauté pour vérifier. Sa femme n’y est pas. Il engage alors un détective privé, qui trouve l’adresse de Victor. Charles décide de lui rendre visite. Il se montre calme et souriant, et dit à Victor que sa femme lui a elle-même donné l’adresse. Il prétend vouloir seulement discuter tranquillement. Victor se détend. Mais on ne sait pas vraiment ce que Charles voulait accomplir lors de cette rencontre.

Le film s’ouvre sur des scènes de bonheur conjugal en apparence ordinaire. Pourtant, quelque chose semble étrange. Le sourire de Charles est figé, presque artificiel, comme un masque qui cache une certitude douloureuse. Cette atmosphère bizarre doit beaucoup à la musique dissonante et au jeu sobre de Bouquet.

Un après-midi, après avoir passé du temps avec Victor, Hélène réalise soudainement que Charles ne pourrait pas vivre sans leur fils, et qu’elle non plus ne le pourrait pas. Le divorce serait donc impossible. Cette pensée marque, sans un mot, la fin de sa relation avec Victor.

Plus tard, deux policiers viennent interroger Hélène au sujet d’une affaire. Elle est visiblement troublée. Peu à peu, sans que rien ne soit dit ouvertement, quelque chose change entre elle et Charles. Une forme de complicité silencieuse s’installe, comme si le couple reconstruisait son équilibre sur un secret partagé. C’est ce mélange de tension retenue et de non-dits qui rend ce film aussi fascinant aujourd’hui qu’à sa sortie.