Incendies en France : la crise climatique s’invite dans la campagne présidentielle

Incendies en France : la crise climatique s’invite dans la campagne présidentielle

Cette semaine, des dizaines d’incendies de forêt ont brûlé à travers la France pendant la quatrième vague de chaleur intense de l’été. La pollution de l’air a aussi augmenté dans de nombreuses régions. Face à cette situation, certains se sont demandé si les Français, qui vivent directement cette crise climatique, allaient changer le débat politique avant l’élection présidentielle de l’année prochaine.

La cheffe des Verts, Marine Tondelier, enceinte de sept mois, a dû arrêter sa tournée en France parce que les médecins lui ont conseillé d’éviter de respirer l’air chargé de fumée dans le sud-ouest, près du grand incendie en Gironde. Elle a dit que les responsables politiques refusaient toujours de voir la réalité. Selon elle, le gouvernement n’a pas répondu à sa demande d’organiser des discussions d’urgence entre tous les partis pour déclarer une urgence climatique nationale. Elle a aussi appelé à créer un nouvel « État-providence climatique » pour aider les personnes touchées, alors qu’environ 260 000 personnes ont dû être évacuées à cause des incendies.

Cependant, les politiciens français ont surtout parlé cette semaine de budgets, de gestion de crise et du manque de moyens des services de secours, notamment des avions bombardiers d’eau. Les questions plus complexes, comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre et les changements à long terme dans la société, ont été largement ignorées.

Le président Emmanuel Macron, dont le mandat se termine au printemps prochain, s’est rendu au centre des opérations à Bordeaux. Il a dit que la France faisait face à sa « situation la plus difficile depuis la Seconde Guerre mondiale ». Il a aussi déclaré qu’il n’était pas encore le moment de tirer des leçons, parce que la France était encore en « pleine bataille ». Des experts du climat ont rappelé que la multiplication des incendies était prévisible en raison de la hausse des températures.

Du côté politique, la plupart des partis ne présenteront pas leurs programmes complets avant cet hiver. Certains militants écologistes craignent qu’à ce moment-là, les incendies et les vagues de chaleur ne soient plus très présents dans les esprits.

Marine Le Pen, qui dirige le Rassemblement National, a de bonnes chances d’atteindre le second tour. Son parti a surtout mis en avant le courage des pompiers et critiqué le financement insuffisant des services d’incendie, plutôt que de proposer des actions environnementales à long terme. Des membres importants du RN ont récemment voulu montrer que leur parti ne nie pas la crise climatique, même si certains ont par le passé remis en question le rôle des activités humaines dans le réchauffement climatique.

Le candidat de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, a proposé en juillet de réorganiser les régions françaises en « éco-régions » pour mieux gérer l’eau et faire face à la crise climatique.

Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à l’Université de Lille, pense que l’écologie sera davantage discutée pendant la campagne électorale. Cependant, il doute que cela transforme vraiment la politique française. Il souligne que des incendies graves ces dernières années n’ont pas provoqué de vrai changement de direction. Selon lui, beaucoup de Français ont l’impression que ceux qui gouvernent ne savent pas vraiment comment répondre à ces défis.