Elon Musk est à la tête d’une infrastructure mondiale dont dépendent des milliers de personnes — et cette réalité a des conséquences très concrètes sur la guerre en Ukraine. SpaceX, son entreprise spatiale, est aujourd’hui l’opérateur de satellites le plus important du monde, devant tous les organismes gouvernementaux. Cette concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme soulève des questions sérieuses sur les risques que cela représente.
La semaine dernière, le service internet de SpaceX a été ralenti en Ukraine alors que la Russie menait une série d’attaques particulièrement destructrices. L’Ukraine dépend de StarShield, un service de connexion satellitaire développé par SpaceX pour le Pentagone et contrôlé par le gouvernement américain. Les drones ukrainiens, qui jouent un rôle central dans la contre-offensive du pays, ont perdu leur connexion internet. Plusieurs missions de combat ont échoué à cause de ces restrictions, imposées le mardi soir. Les drones russes volent à environ 329 km/h, cependant les drones intercepteurs ukrainiens ne peuvent pas les atteindre sans Starlink, et aucune autre solution n’est encore disponible. Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a averti que des personnes allaient mourir.
Elon Musk a nié toute responsabilité dans ce dysfonctionnement, affirmant que StarShield n’est pas sous le contrôle de SpaceX. Selon Reuters, c’est la Maison-Blanche qui aurait demandé de ralentir le service. Donald Trump a déclaré ne pas savoir qui en était responsable, et le secrétaire d’État Marco Rubio a affirmé qu’aucun ordre n’avait été donné depuis la Maison-Blanche. Ces démentis ont été accueillis avec scepticisme, car Musk entretient des liens très étroits avec l’administration Trump. Il a récemment rejoint une commission du Pentagone sur l’avenir de la guerre et a donné des centaines de millions de dollars à des candidats républicains conservateurs. En 2022, il avait déjà coupé le service Starlink pendant une contre-offensive ukrainienne dans les régions de Kherson et de Donetsk.
Sur un autre sujet, plusieurs artistes connus ont exprimé une position nuancée face à la musique générée par intelligence artificielle. Le rappeur A$AP Rocky et la chanteuse Grimes ont tous les deux dit accepter son existence sans pour autant l’utiliser dans leur propre travail. Grimes sort son premier album depuis six ans, Psy Opera, décrit comme inspiré par l’IA sans en être issu. Du côté du public, le message est clair : les auditeurs préfèrent la musique acoustique et vocale. Les classements Billboard sont dominés par des artistes comme Taylor Swift, Olivia Rodrigo, Noah Kahan ou Morgan Wallen, dont les albums reposent sur des instruments traditionnels et des voix sans modification artificielle.
À Paris, la conférence Hacking Big Tech, organisée par Mediapart en lien avec le Guardian, a rassemblé des experts pour réfléchir aux effets de la technologie sur la société. L’écrivaine Naomi Klein a décrit l’ambition des grandes entreprises technologiques de faire de l’IA un outil centralisateur, ce qu’elle a qualifié d’idée fasciste. Elle a proposé une réponse simple : choisir d’être plus humain. Un activiste chilien, German Salazar, a présenté une initiative originale dans son pays, où des habitants — des enfants comme des anciens — répondaient eux-mêmes aux requêtes d’un chatbot pendant une journée entière, pour sensibiliser à la consommation d’eau liée aux centres de données. En une journée, ils ont reçu 2 300 demandes d’images, 135 demandes de conseils amoureux et une question sur le sens de la vie.