La Serbie se prépare pour des élections parlementaires cruciales ce dimanche 25 octobre, alors que la campagne électorale touche à sa fin dans un climat particulièrement tendu. Près de 6,5 millions d’électeurs sont attendus aux urnes pour un scrutin qui pourrait transformer profondément la vie politique du pays.
Depuis deux ans, le mouvement étudiant connu sous le nom de Liste étudiante (Student List) organise des manifestations régulières contre le gouvernement d’Aleksandar Vučić, qui dirige la Serbie depuis quatorze ans. Ce mouvement est né après l’effondrement d’un toit de la gare de Novi Sad en novembre 2024, une catastrophe qui a fait seize morts et mis en lumière une corruption massive au sein des institutions. Plus récemment, les funérailles militaires accordées au général serbe Ratko Mladić, condamné pour le génocide de Srebrenica, ont provoqué une vive indignation internationale et alimenté encore davantage la colère des opposants au régime.
Vučić a démissionné de la présidence pour pouvoir mener sa liste aux élections parlementaires, avec l’objectif de devenir premier ministre. Il cherche ainsi à conserver le pouvoir en déplaçant le centre de décision de la présidence vers le gouvernement. C’est la première fois depuis son accession au pouvoir qu’il se trouve dans une position aussi fragilisée.
La corruption reste la principale préoccupation des électeurs serbes. Selon l’indice de Transparency International, la Serbie est le pays le plus corrompu d’Europe, à l’exception du Bélarus et de la Russie. La Liste étudiante a choisi comme slogan une question directe : « Serbie ou Mafia ? ». Le gouvernement rejette toutes ces accusations et affirme lutter activement contre la criminalité organisée.
Les sondages sont très contradictoires et peu fiables, et les observateurs s’attendent à un résultat serré. Des irrégularités ont déjà été signalées, notamment des manipulations des listes électorales et des conditions difficiles imposées aux Serbes vivant à l’étranger, qui devront voter en pleine nuit selon le fuseau horaire serbe. Quelque 100 000 électeurs sont inscrits depuis l’étranger cette année, contre 39 000 en 2023.
Selon les analystes du Conseil européen des relations étrangères, plusieurs scénarios sont possibles. Le parti de Vučić, le SNS, pourrait remporter une victoire nette ou plus étroite, ce qui pourrait provoquer des contestations dans les rues. Le résultat pourrait également être inconclus, ce qui forcerait une coalition avec de petits partis ou même une nouvelle élection. Enfin, la Liste étudiante pourrait gagner une majorité, mais Vučić pourrait ne pas reconnaître ce résultat.
Les bureaux de vote ouvriront dimanche à 7h et fermeront à 20h, heure locale. Les premières projections indépendantes sont attendues vers 21h, et les résultats officiels préliminaires devraient tomber dans les premières heures de la nuit.
En France, le président Emmanuel Macron a condamné les actes qu’il qualifie de « séditieux » de la part de groupes d’extrême gauche cherchant à « renverser la République ». Après une réunion avec les services de renseignement, il a annoncé que le gouvernement interdira toutes les manifestations non organisées par des syndicats reconnus. La principale manifestation parisienne de samedi, qui ira de la place de la Bastille à la place de la Nation, a été autorisée. En revanche, d’autres rassemblements non syndicaux seront interdits, bien que certains aient déjà été maintenus grâce à des recours devant les tribunaux administratifs. La ville de Lyon, pour sa part, a interdit toutes les manifestations samedi.
En Allemagne, un ressortissant ukrainien prénommé Vadym Y. a été arrêté à Karlsruhe, soupçonné d’espionnage au profit de la Russie. Il aurait transmis des informations militaires sensibles, notamment sur la production de véhicules blindés et les installations de l’OTAN. Le chancelier Friedrich Merz a déclaré ne pas être surpris, affirmant que l’Allemagne est « en permanence la cible d’une activité d’espionnage intense » de la part des services russes.