Emmanuel Macron, le président français, a réagi de manière très positive aux déclarations d’Andy Burnham sur un possible retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Lors d’une conférence de presse à Madrid mercredi, Macron a dit en anglais, avec un sourire : « Welcome back. » Il a ensuite continué en français : « Si les Britanniques veulent revenir et si le Premier ministre va dans cette direction, je pense que c’est une très bonne nouvelle, pour son pays et pour les Européens. »
Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol, qui participait à la même conférence, a dit que son pays accueillerait favorablement toute démarche du Royaume-Uni pour rejoindre l’UE.
Les deux dirigeants répondaient au discours d’Andy Burnham lors de la conférence du Parti travailliste. Le Premier ministre britannique avait déclaré que le Royaume-Uni n’aurait pas d’avenir clair « jusqu’à ce qu’on décide d’une relation à long terme avec notre plus grand marché » et que le Brexit « avait fait plus de mal que de bien ». Dans plusieurs interviews le même jour, Burnham a évoqué différentes possibilités : maintenir la situation actuelle, rejoindre une union douanière, réintégrer le marché unique, ou même devenir à nouveau membre à part entière de l’UE.
Macron a rappelé que les Britanniques avaient « toujours été utiles pour simplifier les choses » quand ils faisaient partie de l’UE, et il a salué la « hardiesse » — c’est-à-dire le courage — de Burnham. Le président français a aussi répété que le Brexit avait été « le plus grand mensonge des 30 dernières années », notamment parce que les promesses de croissance économique ne se sont pas réalisées.
L’eurodéputé Sandro Gozi a déclaré au Guardian que Burnham avait enfin ouvert le débat sur la relation entre la Grande-Bretagne et l’Europe, et que l’UE devrait répondre avec la même ouverture.
Des responsables européens ont dit qu’ils attendaient que le Royaume-Uni définisse clairement ce qu’il souhaite. Rejoindre l’union douanière impliquerait d’accepter la politique commerciale de l’UE, tandis que le marché unique exigerait la libre circulation des personnes.
Un sommet UE-Royaume-Uni est prévu à Bruxelles dans la deuxième moitié de novembre. La France reste cependant très réticente à ouvrir ses programmes industriels aux pays extérieurs à l’UE. Macron a conclu clairement : « Vous ne pouvez pas choisir entre les libertés de l’Union. Alors, revenez. »