Profil et motivations des 514 personnes accusées d’incendies criminels en France

Profil et motivations des 514 personnes accusées d’incendies criminels en France

Depuis le début de l’été, la France a connu des incendies de forêt particulièrement graves. Un record a été atteint : environ 115 000 hectares de forêts et de terres ont brûlé. Dans ce contexte, le ministère de l’Intérieur a annoncé que 514 personnes ont été arrêtées parce qu’elles sont soupçonnées d’avoir allumé des incendies volontairement ou par négligence. Parmi elles, 198 sont des mineurs.

Les profils sont très variés. On trouve un garçon de 15 ans qui a jeté une cigarette allumée dans un bois près de Bordeaux, un homme de 36 ans qui a mis le feu à un sac poubelle dans des buissons près de Perpignan, et une femme de 50 ans accusée d’avoir allumé 17 incendies au sud de La Rochelle.

Selon Thierry Toutin, chercheur en criminologie auprès de la police nationale, l’incendie criminel reste « un crime mystérieux, souvent difficile à comprendre ». C’est un domaine encore peu étudié en France. Les peines prévues par la loi sont sévères : au moins 10 ans de prison et une amende de 150 000 euros, et jusqu’à la prison à vie si quelqu’un meurt dans l’incendie.

En France, les statistiques officielles classent les incendies selon leur cause : naturelle, accidentelle, involontaire ou volontaire. Dans les faits, neuf incendies sur dix sont liés à une activité humaine. Environ deux tiers sont involontaires, mais un tiers est allumé délibérément. En 2025, les actes volontaires représentaient 29,4 % des incendies de forêt, ce qui en fait la première cause identifiée.

Parmi les personnes condamnées cet été, on trouve un homme de 27 ans atteint d’autisme et de schizophrénie, condamné à quatre ans de détention et de soins, ainsi qu’un pompier volontaire qui a reçu une peine de trois ans avec sursis. À Lyon, un homme de 29 ans a été condamné pour avoir provoqué un incendie qui a nécessité l’intervention de 71 pompiers et l’évacuation de 150 personnes.

Une analyse préliminaire basée sur des rapports de police montre que 97,5 % des suspects sont des hommes, avec un âge moyen de 32,5 ans. Plus de 28 % ont moins de 18 ans, et plus de 95 % sont de nationalité française.

Les spécialistes identifient plusieurs motivations : les conflits personnels, l’intérêt financier, des raisons idéologiques, ou encore des troubles psychologiques. Les vrais pyromanes, qui ressentent une fascination pour le feu et une satisfaction après l’avoir allumé, ne représentent qu’environ 5 % des auteurs d’incendies volontaires. Une petite partie des auteurs sont aussi des pompiers volontaires qui allument des feux pour avoir ensuite la satisfaction de les éteindre.

Pour beaucoup d’autres, selon la psychologue clinicienne Johanna Rozenblum, il s’agit d’un acte de défi, d’une envie de s’opposer à la société ou de détruire. Chez les mineurs, l’impulsivité et la frustration propres à l’adolescence jouent un rôle important, et ils ne mesurent pas toujours l’ampleur des dégâts qu’ils peuvent causer.