Olivier Nakache et Éric Toledano sont les deux réalisateurs français à qui l’on doit Intouchables, le film feel-good qui avait connu un succès mondial en racontant l’histoire d’un homme riche tétraplégique et de son aide-soignant. Avec leur nouveau film, ils reviennent à cette atmosphère chaleureuse et touchante, mais cette fois-ci dans les années 1980, à travers l’histoire d’un garçon de 13 ans qui grandit en banlieue parisienne.
Le film s’ouvre sur Vincent, joué par Simon Boublil, qui prépare sa bar-mitsva dans une ambiance familiale tendue. Le pays traverse une période de récession économique et l’argent manque. Son père, Yves, interprété par Louis Garrel, a perdu son emploi plusieurs mois auparavant, mais continue chaque matin à enfiler son costume pour faire semblant de partir travailler. Garrel est remarquable dans ce rôle : son personnage est attachant, mais profondément peu fiable. La mère de Vincent, Sandrine, incarnée par Camille Cottin, connue notamment pour la série Dix pour cent, est une secrétaire ambitieuse qui pressent que l’avenir appartient à l’informatique et s’inscrit donc à une formation en technologie.
À l’école, Vincent est éperdument amoureux d’une fille qui ne retient pas son prénom, ou qui fait semblant de l’oublier : elle l’appelle simplement « Machin ». Les détails de l’époque sont restitués avec affection. Un immense ordinateur IBM débarque dans l’appartement familial, rapporté du bureau de Sandrine. Vincent se retrouve aussi mêlé à quelques petites aventures sans gravité, comme la location d’un film légèrement osé dans un vidéoclub, qui finit par tomber entre les mains du rabbin.
Ces scènes sont amusantes, mais elles semblent un peu en retrait par rapport aux moments qui mettent en scène le couple parental. Dans les années 1980, on disait aux femmes qu’elles pouvaient tout avoir à la fois, carrière et vie de famille. Mais pour beaucoup d’entre elles, comme Sandrine, la réalité était différente : elles faisaient tout en même temps, travaillant toute la journée puis rentrant à la maison pour cuisiner et s’occuper du ménage, alors que les hommes, eux, n’étaient guère attendus sur ce terrain. Les temps changent cependant, et c’est justement autour de cette évolution que Cottin et Garrel brillent ensemble à l’écran. Leurs échanges sont vifs, drôles et pleins de tension, et on ne peut s’empêcher de penser qu’un film entièrement centré sur ce couple en crise aurait été encore plus captivant que le récit d’apprentissage de Vincent, pourtant sympathique.
Just an Illusion sort dans les cinémas britanniques et irlandais à partir du 11 septembre.
