Bardella s’exprimera à la conférence de Reform UK aux côtés de Farage

Jordan Bardella, le président du Rassemblement National (RN), va prendre la parole lors du congrès du parti britannique Reform UK à Birmingham la semaine prochaine. Cette visite s’inscrit dans une démarche visant à renforcer les liens internationaux du RN avant la campagne présidentielle de Marine Le Pen, prévue au printemps prochain.

Le RN occupe une place élevée dans les sondages, et Marine Le Pen est donnée favorite pour atteindre le second tour de l’élection présidentielle en mai. Elle a officiellement lancé sa campagne cet été, malgré la confirmation par la cour d’appel de Paris de sa condamnation pour détournement de fonds européens. Les juges ont estimé qu’elle avait joué un rôle central dans le détournement de plus de 2,8 millions d’euros de fonds du Parlement européen, une somme qui aurait été réorientée vers son parti entre 2004 et 2016. Le Pen a depuis formé un pourvoi devant la Cour de cassation, la plus haute juridiction française.

Le Pen, qui dirigeait le RN de 2011 à 2021 et préside actuellement le groupe parlementaire du parti à l’Assemblée nationale, a annoncé qu’elle se présenterait à la présidence avec Bardella comme candidat au poste de Premier ministre. Dans le système politique français, le président de la République, chef de l’État, nomme directement un Premier ministre chargé de conduire les affaires intérieures du pays.

L’équipe de Bardella a confirmé qu’il se rendrait à Birmingham vendredi prochain pour s’exprimer devant les militants de Reform UK et tenir une conférence de presse commune avec le chef du parti, Nigel Farage. Les deux hommes s’étaient déjà retrouvés autour d’un déjeuner privé à Londres fin 2024, au cours duquel ils avaient échangé sur leurs positions communes en matière d’immigration.

Bardella, 30 ans, avait alors qualifié Farage, 62 ans, de « grand patriote » ayant « combattu toute sa vie pour défendre l’indépendance, la liberté et la souveraineté de son pays ». Il avait également exprimé l’espoir de voir Farage devenir le prochain Premier ministre britannique. Bardella avait aussi évoqué une future coopération entre les deux dirigeants sur la question migratoire, notamment pour contrôler les traversées de la Manche en petites embarcations. Il a précisé vouloir que les migrants soient renvoyés dans leurs pays d’origine, et non maintenus en France.

Les relations entre Le Pen et Farage ont été moins simples. En 2014, lorsque Farage dirigeait l’UKIP et que le parti de Le Pen s’appelait encore le Front National, les deux responsables rivalisaient pour s’imposer comme les figures du mouvement eurosceptique en Europe. Cette année-là, Farage avait refusé une alliance au Parlement européen avec le FN, évoquant la présence de « préjugés et d’antisémitisme » au sein du parti. Le Pen avait vivement rejeté ces accusations, les qualifiant de « diffamatoires ».

Par ailleurs, Farage vient d’être réélu lors d’une élection partielle à Clacton. Cependant, le commissaire aux normes du Parlement britannique a immédiatement rouvert une enquête pour déterminer s’il aurait dû déclarer plusieurs cadeaux reçus peu avant les dernières élections législatives. Parmi ceux-ci figurent un don personnel de cinq millions de livres sterling de la part du milliardaire Christopher Harborne, ainsi qu’un soutien financier de son ami George Cottrell, condamné pour fraude.