En France, de nombreux lycées essaient cette semaine de mettre en place une interdiction des téléphones portables. Cette décision vient d’Emmanuel Macron, qui veut que les jeunes passent moins de temps devant les écrans.
Les syndicats de l’éducation ont prévenu que cette interdiction dans les lycées, où les élèves ont entre 15 et 18 ans, serait difficile à appliquer rapidement. Macron a approuvé cette mesure ce mois-ci, après un autre projet qui lui tenait beaucoup à cœur. Il voulait interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, mais cette loi a été rejetée parce qu’elle n’était pas conforme à la Constitution. Le gouvernement essaie maintenant de réécrire ce texte avant que Macron quitte ses fonctions en mai.
La France avait déjà interdit les téléphones portables dans les écoles primaires et dans les collèges. Maintenant, l’objectif est d’étendre cette interdiction aux lycées à partir de septembre, car le gouvernement estime que trop de temps passé devant les écrans nuit au développement des enfants.
Cependant, beaucoup d’établissements disent qu’ils auront du mal à appliquer cette règle si rapidement. Pour respecter l’interdiction, les lycées doivent modifier leur règlement intérieur, ce qui prend du temps. Jérôme Fournier, secrétaire national du syndicat SE-Unsa, explique qu’il est impossible de tout mettre en place à partir du 1er septembre. Selon lui, les lycées ont besoin de consulter les élèves et d’organiser un vote avant de changer les règles internes.
Il souligne aussi un problème concret : beaucoup d’élèves utilisent leur téléphone pour consulter leurs emplois du temps, connaître les changements de salle ou accéder à leurs devoirs. Certains doivent même utiliser une application pour entrer à la cantine ou emprunter des livres à la bibliothèque.
Fournier rappelle également que certains lycées accueillent des étudiants en formation ou en apprentissage, parfois âgés de 20 ans, qui ont besoin de leur téléphone pour travailler. Une autre inquiétude est que les élèves pourraient sortir du lycée pour utiliser leur téléphone dans la rue, ce qui poserait des problèmes de sécurité.
De son côté, le Conseil constitutionnel a rejeté la première version de la loi sur les réseaux sociaux. Il estimait que la définition des réseaux sociaux était trop vague et que le système de vérification de l’âge posait des problèmes liés à la vie privée. Valère Ndior, professeur de droit à l’Université de Bretagne Occidentale, doute qu’il soit facile de trouver un équilibre entre le droit européen et la Constitution française.