Le dimanche sans culpabilité, un art de vivre en voie de disparition

Plusieurs lecteurs ont réagi à un article publié le 23 août dans le Guardian, qui posait la question suivante : le dimanche à la française est-il le secret d’une vie plus saine et plus heureuse ?

Une lectrice britannique, Siân Dudley, qui habite à Ivybridge dans le Devon, se souvient avec nostalgie des dimanches de son enfance en Grande-Bretagne. Pour elle, ces journées ressemblaient beaucoup au dimanche français : pas de stress, pas de culpabilité, juste du temps libre. On lisait tranquillement, on regardait un film à la télévision, on jouait aux jeux de société ou on se promenait simplement pour le plaisir. Les enfants s’ennuyaient parfois, mais ils apprenaient ainsi à s’occuper seuls, ce qui est une compétence précieuse. Les magasins, les cinémas et même les pubs étaient fermés dans certaines régions. C’était parfois un peu frustrant, mais surtout libérateur, parce qu’on n’avait pas l’impression de devoir faire quelque chose. Selon elle, tout a changé avec l’ouverture des commerces le dimanche. Elle se demande si un influenceur sur les réseaux sociaux pourrait convaincre les jeunes de redécouvrir ce dimanche à l’ancienne, sans publications sur les réseaux ce jour-là, bien sûr.

Benjamin Lescoffier, un Français qui vit à Annecy, confirme que le dimanche en France n’est pas forcément un jour de paresse totale. Ce qui le rend spécial, c’est surtout que les magasins sont fermés, ce qui oblige les gens à faire autre chose : se promener, jouer en famille ou partager un long repas. C’est un jour pour profiter de ce qu’on a déjà, plutôt que de chercher à acheter davantage.

Carolyn Dyer, une Britannique installée à Lézan en France depuis cinq ans, a mis du temps à s’habituer aux dimanches français. Elle apprécie maintenant la boulangerie du village, ouverte toute la journée, et le rôtisseur qui vend ses poulets devant la boulangerie. Le dimanche devient ainsi un jour facile pour recevoir des amis ou de la famille.

Kathleen Gallagher, américaine qui passe une partie de l’année en France, souligne un moment central du dimanche français : le déjeuner. Ce repas peut durer jusqu’à six heures. Familles et amis se retrouvent pour partager plusieurs plats, du vin et de longues conversations. Même les enfants participent pleinement, mangent les mêmes plats que les adultes et s’expriment comme des grands.

Enfin, Brigitte Strohmeier-Hofer, autrichienne de Wiener Neustadt, rappelle que ce rythme dominical existait autrefois dans toute l’Europe. En Autriche, il est encore bien présent : les magasins restent fermés, les familles se retrouvent pour déjeuner ensemble et profitent d’une sortie proche de chez elles.