Près de 50 demandeurs d’asile expulsés vers la France sont revenus au Royaume-Uni

Près de 50 demandeurs d’asile expulsés vers la France sont revenus au Royaume-Uni

Près de 50 demandeurs d’asile renvoyés en France dans le cadre de l’accord « un pour un » sont revenus au Royaume-Uni, selon des informations publiées par le journal The Guardian. En plus de ces personnes identifiées par le ministère de l’Intérieur britannique, un nombre inconnu d’autres seraient rentrées sans être détectées.

Cet accord a démarré en septembre dernier. Il permet au gouvernement britannique de renvoyer en France les personnes qui arrivent sur de petites embarcations, en échange d’un nombre similaire de demandeurs d’asile admis légalement au Royaume-Uni. L’objectif est de décourager les traversées de la Manche en bateau.

The Guardian avait déjà révélé qu’un premier demandeur d’asile était revenu au Royaume-Uni en octobre, quelques semaines après avoir été renvoyé de force en France. Mais le nombre total de personnes dans cette situation n’était pas connu jusqu’à maintenant.

Depuis le début de l’année, les traversées en petit bateau ont diminué d’environ 43 %. Cette baisse s’explique probablement par plusieurs facteurs : les mauvaises conditions météorologiques, une réduction d’environ un tiers du nombre de migrants arrivant en Europe, ainsi que les efforts des autorités britanniques et françaises contre les passeurs.

Environ 4 % des personnes arrivées en bateau ont été renvoyées en France dans le cadre de cet accord. Au 30 juin 2026, 1 117 personnes avaient été transférées vers le Royaume-Uni et 1 087 renvoyées vers la France.

Les demandeurs d’asile qui sont revenus au Royaume-Uni disent qu’ils étaient menacés par des passeurs en France, ou qu’ils craignaient d’être expulsés vers leur pays d’origine. L’un d’eux, revenu une deuxième fois en camion, a passé cinq mois en détention avant d’être renvoyé en France. Il explique qu’il a été hébergé seulement quelques jours par les autorités françaises. Il dit dormir dans les rues de Paris, parce que la France veut le renvoyer en Bulgarie.

Griff Ferris, du Joint Council for the Welfare of Immigrants, estime que les personnes qui fuient la guerre ou les persécutions n’ont pas d’autre choix que de prendre des routes dangereuses, car elles n’ont pas accès aux voies légales disponibles pour d’autres voyageurs, comme les ferries entre Calais et Douvres.

Le ministère de l’Intérieur britannique a indiqué que toute personne renvoyée qui essaie de revenir sera renvoyée à nouveau. Le ministère de l’Intérieur français n’a pas encore répondu aux demandes de commentaire.