Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur des faits présumés de harcèlement moral au travail, après la tentative de suicide d’une employée travaillant dans un service rattaché aux services du Premier ministre. C’est la radio France Inter qui a révélé cette information.
Selon France Inter, deux agents de l’État travaillant dans différents services ont mis fin à leurs jours au cours de la dernière année. Deux autres ont tenté de se suicider. Des plaintes pour harcèlement moral auraient été déposées. En juin, un représentant du personnel a transmis une plainte au parquet de Paris, qui a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire. Un document consulté par France Inter et l’AFP indique que ce harcèlement, qualifié d’« institutionnel », aurait conduit une employée à tenter de mettre fin à sa vie. En parallèle, trois enquêtes internes ont été ouvertes pour examiner des situations précises et la question générale du bien-être au travail.
Les faits concernent un ensemble de plusieurs dizaines de services et missions placés sous l’autorité des services du Premier ministre. L’employée au cœur de l’enquête du parquet travaillait dans un service chargé de gérer la correspondance liée au cabinet du Premier ministre.
Son avocate, Christelle Mazza, a déclaré à France Inter que sa cliente avait été rendue invisible : elle n’était plus invitée aux réunions, avait été retirée des listes du personnel et était traitée comme si elle n’existait pas. Elle aurait également été moquée et mise à l’écart.
L’avocate a aussi souligné que la situation des agents avait été aggravée par l’instabilité politique qui a suivi la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron en juin 2024. Entre juin 2024 et juin 2026, quatre Premiers ministres se sont succédé : Gabriel Attal en tant que Premier ministre par intérim, puis Michel Barnier, François Bayrou et Sébastien Lecornu. Aucune faute n’est reprochée à ces derniers.
Dans un communiqué, deux hauts responsables des services du Premier ministre ont exprimé leur soutien aux collègues et aux familles touchés. Ils ont indiqué que le bien-être psychologique des agents était « une priorité constante » et qu’un audit spécialisé sur les conditions de travail allait être réalisé. Ils ont précisé qu’aucune des personnes concernées ne travaillait directement avec le Premier ministre ou dans son cabinet.
