Les diplomates américains quittent l’ONU après des critiques françaises sur les droits humains

Les diplomates américains quittent l’ONU après des critiques françaises sur les droits humains

Des diplomates américains ont quitté une réunion des Nations unies après que la France a critiqué le bilan des États-Unis en matière de droits de l’homme sous Donald Trump. Cet incident s’est produit lundi, pendant une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Quelques jours avant cet épisode, l’administration Trump avait annoncé de nouveaux droits de douane très élevés sur les importations de dizaines de pays. Pour justifier ces taxes, elle a évoqué des accusations de « travail forcé ». Beaucoup de critiques ont estimé que cet argument n’était qu’un prétexte commode pour imposer ces mesures commerciales controversées.

Le vendredi précédant le départ des diplomates, l’administration Trump avait aussi remis en question la crédibilité du système des droits de l’homme de l’ONU. Elle s’est opposée à la reconduction de Volker Türk au poste de Haut-Commissaire aux droits de l’homme. Cette décision a provoqué une réaction forte de la mission française auprès de l’ONU à Genève, qui a publié un message sur les réseaux sociaux : « Les États-Unis étaient autrefois un phare des droits de l’homme. Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, ils se retrouvent aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie, isolés. »

Finalement, la reconduction de Volker Türk a été approuvée : 144 pays ont voté pour, dont la France, le Royaume-Uni et la Chine. Dix pays ont voté contre, parmi lesquels les États-Unis, la Russie, la Corée du Nord et Israël. Treize pays se sont abstenus.

En réponse aux propos de la France, l’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a écrit sur X que c’était décevant de voir la France « protéger certains des pires régimes du monde ». Lors de la réunion de lundi, le diplomate américain Dan Negrea a affirmé que les États-Unis restaient « le phare de la liberté pour le monde » et a refusé d’écouter ce qu’il a appelé des discours politisés.

De son côté, l’ambassadeur français Jérôme Bonnafont n’a pas directement mentionné le départ des Américains. Il a rappelé que l’ONU a été créée pour défendre la paix internationale, les droits de l’homme et le développement, et que la France travaille à préserver cette institution et ses valeurs fondamentales.

Ces nouveaux droits de douane américains touchent plus de 80 pays, y compris des alliés proches comme le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et l’Union européenne. Des élus des deux partis aux États-Unis ont critiqué l’utilisation du travail forcé comme justification, estimant que ce problème réel ne devrait pas être réduit à un simple prétexte commercial.